Le 22 octobre, à l’occasion de la Journée mondiale de l’énergie, une question revient au premier plan pour les entreprises : comment réduire et mieux maîtriser ses consommations sans compromettre le confort des utilisateurs ni le fonctionnement de son activité ?
Dans les bâtiments tertiaires comme sur les sites industriels, il n’existe pas une solution unique. La performance énergétique repose sur plusieurs leviers complémentaires : connaître ses consommations, maintenir ses installations, mieux piloter ses équipements, optimiser son éclairage ou encore produire une partie de son électricité.
À l’occasion de cette journée, nous avons choisi de donner la parole à celles et ceux qui travaillent quotidiennement sur ces sujets chez Amperiance. Maintenance électrique, éclairage, pilotage des équipements, photovoltaïque : nos collaborateurs partagent leur regard terrain et les solutions qui permettent réellement aux entreprises de mieux maîtriser leur énergie.
Avant de réduire, commencer par comprendre ses consommations
Difficile d’agir efficacement sans savoir précisément où, quand et comment l’énergie est consommée.
L’analyse des usages et le suivi des consommations permettent d’identifier les équipements les plus énergivores, les périodes de forte consommation ou encore certaines dérives. Cette première étape aide ensuite à déterminer les actions réellement pertinentes et à les prioriser.
L’objectif n’est pas simplement de consommer moins, mais de consommer mieux, en adaptant le fonctionnement du bâtiment à ses besoins réels.
Maintenir ses installations pour préserver leur performance
La maintenance électrique joue également un rôle important dans cette démarche.
Avec le temps, une installation peut présenter des anomalies, des dysfonctionnements ou des équipements dont le fonctionnement n’est plus optimal. Une maintenance préventive régulière permet de contrôler leur état, d’anticiper certaines défaillances et de préserver leurs performances dans la durée.
Elle contribue également à prolonger la durée de vie des équipements et à éviter qu’un défaut non identifié ne vienne perturber le fonctionnement du bâtiment.
Pour une entreprise, la performance énergétique passe donc aussi par une installation électrique suivie, entretenue et adaptée à l’évolution des usages.
Parole de collaborateur – Maintenance électrique
[Laurent GUY–Responsable d’exploitation Services Maintenance]
Lors de vos interventions de maintenance, quels problèmes ou dérivés pouvant entraîner des consommations inutiles rencontrez-vous le plus souvent ?
La dérive pouvant entraîner des consommations inutiles est souvent rencontrée sur les systèmes de commandes des éclairages extérieurs. On constate des réglages sur les horloges (heure d’été ou heures d’hiver, déprogrammation suite à une coupure…).
Quels contrôles permettent de s’assurer qu’une installation fonctionne toujours de manière optimale ?
La thermographie infrarouge des installations électriques permet de détecter les échauffements anormaux au niveau des armoires électriques et d’anticiper des dysfonctionnements. L’interrogation du compteur d’abonné, et l’interprétation des données permet également d’optimiser la consommation.
Et enfin la vérification du fonctionnement des éclairages intérieurs comme extérieurs, permet un fonctionnement optimum pour le bien-être des collaborateurs.
As-tu un exemple concret où une opération de maintenance a permis d’identifier une anomalie ou un fonctionnement inutile ?
Nous avons un syndic qui gère des communs d’immeuble. Après un contrôle thermographique infrarouge de l’armoire des services généraux, nous avons constaté un échauffement anormal sur la connexion de la bobine de commande du contacteur d’éclairage.
Ce contrôle nous a permis d’anticiper un problème d’éclairage sur le parking ( insécurité pour les piétons, sécurité des automobilistes)…voir même un incendie du tableau des services généraux.
Repenser l’éclairage selon les usages
Dans les bureaux, commerces, entrepôts ou bâtiments industriels, l’éclairage constitue un autre levier sur lequel il est possible d’agir.
Le remplacement d’équipements anciens par des solutions LED performantes représente une première étape. Mais l’optimisation peut aller plus loin.
Détecteurs de présence, programmation horaire, variation de l’intensité ou adaptation de l’éclairage selon la lumière naturelle permettent de limiter les consommations inutiles tout en conservant le niveau de confort nécessaire aux utilisateurs.
Il ne s’agit donc plus uniquement d’éclairer un espace, mais de l’éclairer au bon moment et selon le besoin réel.
Parole de collaborateur – Éclairage
Sur les installations existantes, quelles sont les principales sources de consommation inutile liées à l’éclairage ?
Une mauvaise programmation ou un pilotage inadapté de l’éclairage extérieur et intérieur, entraînant un allumage trop précoce ou un éclairage maintenu en permanence.
Par exemple, dans les bureaux, les lumières restent allumées alors qu’il n’y a plus personne à l’intérieur.
Est-ce que remplacer les anciens éclairages par des LED suffit toujours pour réduire significativement les consommations ?
L’objectif est de réduire la consommation énergétique en optimisant le pilotage de l’éclairage, notamment grâce à une programmation adaptée et à des détecteurs de présence permettant d’allumer et d’éteindre les lumières en fonction des besoins réels.
Quelles solutions conseillez-vous pour adapter davantage l’éclairage aux usages réels d’un bâtiment ?
Réaliser un audit afin d’identifier précisément les besoins en éclairage du bâtiment et de ses occupants. Sur la base des résultats obtenus et du budget disponible, définir les solutions les plus adaptées pour optimiser le pilotage de l’éclairage, notamment par la programmation horaire et l’installation de détecteurs de présence.
Piloter les équipements plutôt que les laisser fonctionner en permanence
Chauffage, climatisation, ventilation, éclairage : les différents équipements techniques d’un bâtiment peuvent représenter une part importante de ses consommations.
La Gestion Technique du Bâtiment (GTB) permet de centraliser leur pilotage et d’adapter leur fonctionnement aux horaires, à l’occupation des locaux ou aux besoins des utilisateurs.
Cette gestion plus fine offre une meilleure visibilité sur le fonctionnement du bâtiment et permet d’éviter certaines consommations inutiles.
Associée à un suivi régulier, elle devient ainsi un véritable outil au service de la performance énergétique de l’entreprise.
Parole de collaborateur – Pilotage / GTB
[Julien CAVADORE – Gérant]
Pourquoi une entreprise équipée de matériels récents peut-elle malgré tout continuer à consommer inutilement ?
Parce qu’un équipement performant consomme moins quand il fonctionne, mais il ne sait pas tout seul quand il doit fonctionner. On voit très souvent du chauffage ou de la clim qui tournent la nuit et le week-end, de l’éclairage allumé dans des bureaux vides, des consignes de température réglées une fois à la mise en service et plus jamais revues. Le matériel est bon, c’est son usage qui ne l’est pas.
Qu’est-ce qu’un meilleur pilotage des équipements change concrètement au quotidien ?
Les équipements fonctionnent quand on en a besoin, au bon niveau, sans que personne n’ait à y penser. Pour les occupants, le confort est le même, souvent meilleur : le bâtiment est déjà à température à l’arrivée. Pour le gestionnaire, il a une vision claire de ce qui consomme, il est alerté en cas de dérive ou de panne, et il peut ajuster les réglages à distance au lieu de se déplacer.
Quels équipements est-il particulièrement intéressant de piloter en fonction des horaires ou de l’occupation du bâtiment ?
En premier, le chauffage, la climatisation et la ventilation : ce sont souvent les plus gros postes. Ensuite l’éclairage, avec de la détection de présence et de la gestion selon la lumière du jour. On peut aussi piloter la production d’eau chaude, les bornes de recharge, ou certains équipements de process qui n’ont pas besoin de tourner en dehors des heures d’activité.
Et quand le bâtiment a une installation photovoltaïque, le pilotage prend encore plus de sens. On peut décaler certains usages, comme la recharge des véhicules, l’eau chaude ou la préparation en température du bâtiment, sur les heures où les panneaux produisent, pour consommer sa propre électricité plutôt que de l’acheter.
Avec une batterie, on va plus loin : on stocke le surplus de la journée pour le restituer en fin de journée ou lors des pics de consommation.
Aurais-tu un exemple concret permettant d’illustrer l’intérêt d’une GTB ou d’un pilotage automatisé ?
Le meilleur exemple, c’est chez nous. Dans nos propres bureaux, on a constaté que le chauffage restait à température de confort tous les soirs et tout le week-end, alors que les locaux étaient vides plus de la moitié de la semaine. En programmant des plages d’occupation, un abaissement la nuit et une relance juste avant l’arrivée des équipes, on a réduit nettement la consommation, sans que personne ne perde en confort.
Aujourd’hui, on suit nos consommations au quotidien et on repère tout de suite ce qui dérape. C’est aussi ce qui nous permet d’en parler à nos clients en connaissance de cause.
Produire et consommer sa propre électricité
Autre levier : le photovoltaïque.
Pour une entreprise dont l’activité se déroule principalement en journée, produire de l’électricité au moment où le bâtiment en consomme peut être particulièrement pertinent.
L’autoconsommation photovoltaïque permet d’utiliser directement une partie de l’électricité produite sur site et ainsi de réduire la quantité d’énergie prélevée sur le réseau.
Mais là encore, installer des panneaux photovoltaïques ne suffit pas. La consommation du site, ses horaires d’activité, la surface disponible ou encore les objectifs de l’entreprise doivent être étudiés pour dimensionner correctement l’installation et déterminer la solution la plus pertinente.
Parole de collaborateur – Photovoltaïque
[Jérome DIDIER – Commercial]
Quelle est la première chose que vous analysez lorsqu’une entreprise envisage une installation photovoltaïque ?
La facture d’électricité, qui permet de connaître les habitudes de consommation de l’entreprise.
Pourquoi est-il important de connaître son profil de consommation avant de dimensionner l’installation ?
Il ne faut pas produire pour produire, mais produire au plus juste afin de compenser au maximum les consommations électriques de l’entreprise.
Dans quels cas l’autoconsommation est-elle particulièrement intéressante pour une entreprise ?
Au vu des tarifs de rachat en vigueur, la maximisation de l’autoconsommation devient un levier d’économies pour l’entreprise dans tous les cas.
Quelle erreur ou idée reçue rencontres-tu régulièrement lorsque tu échanges avec des professionnels sur le photovoltaïque ?
Certains professionnels pensent que l’installation d’un grand nombre de panneaux leur permettra de réaliser davantage d’économies ou de générer plus de revenus.
Plusieurs leviers, mais une même logique : partir des usages
Maintenance, éclairage, pilotage des équipements, photovoltaïque. Pris séparément, chacun de ces leviers peut contribuer à améliorer la performance énergétique d’un bâtiment.
Mais ils ont surtout un point commun : la solution doit partir des usages réels de l’entreprise.
Un bâtiment tertiaire, un commerce, un entrepôt ou un site industriel n’ont ni les mêmes horaires, ni les mêmes équipements, ni les mêmes contraintes. Avant d’investir, il est donc essentiel de comprendre l’existant, d’identifier les principaux postes de consommation et de hiérarchiser les actions.
Chez Amperiance, cette approche globale nous permet d’accompagner les entreprises dans leurs projets électriques et énergétiques, de l’analyse des besoins à la mise en œuvre des solutions, puis à leur maintenance.
À l’occasion de cette Journée mondiale de l’énergie, notre message est finalement assez simple : mieux maîtriser son énergie ne repose pas sur une solution miracle. Ce sont des choix techniques adaptés, un pilotage pertinent et un suivi dans la durée qui permettent de faire réellement la différence.


